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 Un pays enchanté - Vibrations - N°58 - novembre 2003


UN PAYS ENCHANTÉ












Ni consommateur boulimique ni puits de science sans fond, Robert Wyatt est de ces âmes généreuses qui, devant le simple exposé d'une phrase musicale, ne peuvent se retenir de laisser parler leur cœur et leur raison. Quand bien même nous lui aurions diffusé quelque spécimen de death-metal lapon ou de drum'n'bass malaise, l'Anglais aurait probablement trouvé quelque doux sentiment ou quelque fine remarque à nous livrer, avec cette faconde chaleureuse et cette intelligence pétillante qui le caractérisent et le distinguent des experts professionnels et des spécialistes en tout. Finalement, on s'en sera tenu à une sélection musicale aussi hétéroclite que possible, couvrant vaille que vaille ce large éventail de saveurs et d'inclinations dont son œuvre est le plus juste reflet. A l'image de son nouvel album, «Cuckooland»: un disque où il se paie l'audace de convoquer le jazz de Saint-Germain-des-Prés, l'Amérique de Buddy Holly, les douceurs du tandem Jobim-De Moraes et la grâce inaltérable des musiques sans nom, sans jamais sacrifier à cette mode du pêle-mêle et de la citation qui gangrène tant de petits disques modernes. Avec sa femme Alfreda Benge, dite Alfie, Wyatt écoutera chaque titre avec l'attention émerveillée d'un enfant qui découvrirait la musique pour la première fois.


Thelonious Monk Monk's Dream

Robert Wyatt: (Il chante pendant tout le morceau) Magnifique, de la joie pure... J'ai vu Monk sur scène à la fin des années 60, il était comme un vieux comédien. Il avait de très beaux chapeaux...

Dans quelle mesure vous a-t-il influencé?
Robert Wyatt: II m'a aidé à trouver des façons de jouer qui me rendent heureux. Monk aime étendre les accords au-delà des notes qui sont censées les former. Mais en plus de cela, il a pour coutume d'enlever pas mal de notes intermédiaires entre la racine et la cime de l'accord, de telle sorte qu'en l'écoutant, on ne sait plus trop de quoi il retourne. J'aime aussi la façon dont ses deux mains jouent ensemble: il y a là une autorité incroyable, très physique.

Les musiciens de jazz que vous aimez - Monk, Don Cherry, Charlie Haden - ne sont pas très orthodoxes.

Robert Wyatt: Tous les peintres que j'aimais, comme Klee ou Mondrian, avaient quelque chose de bizarre et de personnel, je voulais retrouver ça chez les musiciens. Du coup, quand le jazz s'est installé dans une sorte d'orthodoxie, je ne m'y suis pas vraiment intéressé. Depuis j'ai appris à admirer aussi les artisans. Le vibraphoniste Cal Tjader a dit un jour: «je n'aspirais pas à innover, mais à participer.» C'est une façon très belle et très modeste de résumer cet état d'esprit.

Le jazz a-t-il été le premier bain musical dans lequel vous avez trempé?
Robert Wyatt: Avant le jazz, il y a eu la musique classique, surtout des compositeurs du XXe siècle comme Williams, Britten, Debussy, Ravel... Mon père, qui avait été pianiste dans sa jeunesse, appréciait aussi Duke Ellington ou Fats Waller. Enfant, j'ai été ébloui par la musique. Tendrement ébloui. Je le suis toujours. «Rien ne saurait ternir mon amour pour la musique»: voilà une devise qui pourrait résumer ma vie.


Ray Charles Just For A Thrill

Robert Wyatt: Oh! merci beaucoup... (Il chante à tue-tête) Je l'ai beaucoup écouté seul, de préférence avec un verre. Je peux pleurer en écoutant ça, c'est très compromettant...

Vous avez dit que Ray Charles avait changé votre regard sur la musique.

Robert Wyatt: Auparavant, je croyais en cette idée selon laquelle il y a une musique légère et une musique sérieuse. La première menant au sexe, à la drogue et à de mauvais résultats scolaires, quand la seconde stimule vos neurones et peut vous transformer en dix minutes en un savant philanthrope. C'est la preuve que même l'éducation la plus libérale peut vous inculquer les pires préjugés... La façon dont Ray Charles peut habiter une chanson populaire est plus profonde que tout ce que j'ai pu entendre chez un violoniste classique ou un soliste de jazz. En l'écoutant, j'ai compris qu'il n'existait pas de bons ou de mauvais idiomes musicaux. Intellectuellement, il m'a fallu un certain courage pour en arriver là. Dans les années 60, ce n'était pas toujours facile à assumer. Quand, dans une soirée, je passais un disque de Little Richard après un album de John Cage ou de Cecil Taylor, j'entendais aussitôt «Oh, Robert, comment peux-tu...?» C'était comme si j'avais pissé sur la salade! La vérité, c'est qu'aujourd'hui encore je préfère simplement un steak frites parfaitement cuisiné à un grand mets complètement raté.



> Zoom


Est-ce que de tels préjugés avaient cours à l'intérieur d'un groupe comme Soft Machine?
Robert Wyatt: Le plus pénible, c'était cette notion stupide de «rock progressif», assortie de commentaires du genre: «Ecoute ce solo de guitare, il y a quand même vachement plus d'accords et de notes que chez B.B. King!» Quand, plus jeunes, nous défendions bec et ongles le jazz, c'était parce qu'au début du siècle, les gens le considéraient comme une musique superficielle, divertissante - avec ce présupposé raciste que les Noirs ne pouvaient pas jouer une musique sérieuse. Ça a donc été très décevant de voir que, par la suite, cette vision des choses pouvait refaire surface dans le rock. Aujourd'hui, elle perdure dans cette espèce d'élite avant-gardiste qui a tendance à croire que la musique improvisée est intrinsèquement supérieure à la chanson populaire. L'inverse existe aussi, bien sûr, parce que cette façon de considérer la musique d'un endroit prétendument supérieur est hélas universelle.


Kevin Ayers Religious Experience (Singing A Song in the Morning)

Robert Wyatt: J'ai rencontré Kevin dans les années 60, à l'époque où j'habitais avec mes parents dans le Kent. Quelqu'un m'a dit: «Je connais un type dans le Kent qui est comme toi.» Je dois dire que je n'ai pas été très impressionné par cette information! J'ai finalement rencontré ce jeune gars très drôle, brillant, qui écrivait de magnifiques pop songs et qui avait des disques de bossa et de calypso dans sa collection. C'est grâce à sa petite cargaison de chansons que nous (Soft Machine) avons décroché notre premier contrat de management. Tout ça est parti en morceaux ensuite, comme vous le savez. Kevin, qui n'était pas plus amateur qu'un autre, a perdu son temps avec des gens comme nous. Je l'ai toujours pris très au sérieux.

Comment expliquer que, pendant les années 60, l'Angleterre ait généré tant d'individualités originales comme vous, Kevin Ayers, John Greaves, Fred Frith, Derek Bailey et tant d'autres?
Robert Wyatt: Nous avons tous grandi dans les années 50, une époque où beaucoup de jeunes musiciens noirs sont venus jouer en Europe, ce qui a apporté un souffle nouveau, très libérateur. Au même moment, les mouvements d'avant-garde du début du siècle comme le surréalisme ou Dada sont revenus à la surface, après avoir été étouffés voire rayés de la carte pendant la guerre. Il n'y avait pas plus d'idées ici que n'importe où ailleurs, mais elles ont été canalisées et filtrées à travers un médium - la musique - qui avait un énorme impact populaire.

Alfie: II faut aussi parler de l'influence des art schools. Dans les années 60, tous les gens qui ne voulaient pas entrer dans la vie active et désiraient stimuler leur imagination se sont retrouvés dans ces écoles. Et tous voulaient jouer de la musique, c'était une sorte de désir universel. Certains passaient plus de temps à jouer du sax dans les couloirs qu'à suivre des cours de dessin... Des groupes se sont spontanément formés.

Robert Wyatt: A l'époque, les gens issus des classes sociales les moins favorisés pouvaient accéder à ce genre d'écoles. Aujourd'hui, je suppose qu'ils joueraient tous au football...


Brian Eno Here He Comes

Robert Wyatt: Oh! c'est Brian. On devrait plus souvent rappeler combien il est un chanteur délicieux. J'adore le côté très peu démonstratif de son jeu et de sa voix. Il laisse la musique parler, apparaître dans sa propre clarté.

Vous vous êtes tous deux régulièrement invités sur vos disques respectifs. Quelle influence exercez-vous l'un sur l'autre?
Robert Wyatt: Je n'en ai aucune idée... Nous avons progressé ensemble, même s'il y a d'énormes différences entre nous, un fossé presque intergénérationnel. Pour Brian, le jazz, par exemple, est une musique sans aucune nécessité. En ma compagnie, il reste heureusement très poli sur ce sujet! Nous avons sans doute plus de choses en commun aujourd'hui, même s'il n'apprécie guère les petits bruits que je mets dans mes disques... Brian a plutôt trempé dans cette avant-garde anglaise incarnée par des gens comme Cornélius Cardew. Mais il a fait fructifier cet héritage dans la musique populaire. Ce que j'aime chez lui, c'est son envie de toujours renverser les choses, de voir quelle tournure peut prendre une musique si on change radicalement d'approche. C'est aussi quelqu'un qui s'ennuie très vite, ce qui explique sans doute pourquoi il est si inventif.

Eno est aussi un musicien qui, tout en maniant des concepts, ne perd jamais de vue le côté purement pratique de la musique.
Robert Wyatt: C'est exact, et les critiques selon lesquelles il serait trop cérébral sont injustes. Il a les pieds sur terre. Quand nous étions en studio pour l'enregistrement de «Cuckooland», il passait de temps en temps nous voir en bicyclette. Rien de cérébral là-dedans, n'est-ce-pas?


Benny Moré Que Bueno Baila Usted

Robert Wyatt: C'est cubain. Qui est-ce? Ah! Benny More... Même si on peut le relier à ce qui se fait à La Nouvelle-Orléans, Trinidad ou le Brésil, le rythme cubain est absolument unique. Il est à la fois plus africain, plus sophistiqué et plus jazzy que partout ailleurs. Seul le Brésil présente un tel degré de raffinement. Le mélange africain et espagnol des musiques cubaines est une tradition d'autant plus merveilleuse qu'elle se perpétue. C'est un constat assez troublant, quand on sait que la propagande occidentale a toujours affirmé que le socialisme tuait la culture. Je crois être assez objectif si je dis qu'aucun groupe créé à l'extérieur de Cuba n'a joué aussi bien qu'Irakere.

Quand avez-vous éprouvé le besoin d'écouter d'autres musiques, comme les musiques cubaines ou le flamenco?
Robert Wyatt: II y a une bonne vingtaine d'années, à une époque où le rock'n'roll prétendait qu'il était le langage universel de la jeunesse et de la rébellion, alors qu'il ne me paraissait être que l'emblème du colonialisme occidental. Le contrôle de l'industrie du disque anglo-américaine sur le marché mondial était tel que beaucoup de musiques locales étaient écrabouillées, et que certains peuples commençaient à avoir honte de leurs propres traditions. J'ai éprouvé un tel sentiment de claustrophobie que je suis allé voir ailleurs. Si vous voulez vraiment entendre une musique faite par des gens qui refusent de se conformer aux règles, écoutez donc du flamenco! S'il y a en Europe des gens méprisés et bafoués, ce sont bien les gitans... Cela étant, j'insiste sur le fait que c'est avant tout parce que j'ai été ému par ces musiques que je me suis intéressé à elles.


Tom Zé A felicidade

Robert Wyatt: Ce côté à la fois dépouillé et plein de détails, c'est exceptionnel. Les harmonies, les arrangements, l'utilisation très légère des percussions: tout n'est que musique ici.

C'est Tom Zé. Un musicien brésilien qui dit avoir trouvé son propre langage le jour où il a compris qu'il ne saurait jamais composer de «vraies» bossa novas.
Robert Wyatt: C'est exactement le chemin que j'ai suivi. Quand vous avez entendu de la pop ou du jazz mais que vous êtes incapable d'en jouer correctement, vous essayez de trouver des équivalents.

Dans «Cuckooland», vous signez une reprise épurée de «Insensatez», un autre standard de Jobim/De Moraes.
Robert Wyatt: J'ai d'abord voulu célébrer le fait que le Brésil, depuis l'élection de Lula, a une sérieuse opportunité de devenir une démocratie. J'ai vécu assez longtemps pour savoir que ce genre d'idéal peut être balayé en un rien de temps par le cynisme qui régit ce monde. A ce moment précis de l'histoire brésilienne, j'ai eu envie de fêter cet événement. Il y a aussi une raison strictement musicale. Depuis quelques années, le Brésil connaît un renouveau musical qui passe beaucoup par les clubs, les DJs. Il se traduit par des musiques de danse où le rythme est valorisé au détriment de l'harmonie. J'ai donc voulu célébrer une qualité de la musique brésilienne qui a été un peu marginalisée: son extraordinaire invention mélodique et harmonique. Ce n'est pas une critique en règle de ces nouvelles musiques. Juste une façon de dire: «je suis assez vieux pour me souvenir aussi de ce pan-là de la musique brésilienne




Randy Newman Political Science


Robert Wyatt (II rit de bon cœur): C'est la meilleure chanson politique du XXe siècle. Si on l'avait mise en ouverture des journaux télévisés au moment de la guerre en Irak, il n'y aurait rien eu d'autre à ajouter.

Conciliez-vous facilement votre dégoût pour l'impérialisme américain et votre amour pour la musique américaine?
Robert Wyatt: Bien sûr, car ce ne sont généralement pas les mêmes personnes qui font l'une et l'autre! Potentiellement, les USA pourraient être ce pays merveilleux que décrivent leurs porte-parole officiels. Le problème des Américains, c'est qu'ils sont patriotes pour de mauvaises raisons. Si l'on y réfléchit bien, ce qui est arrivé de meilleur en provenance des USA est le fruit de vagues successives d'immigrants venus de tous les coins du monde, et projetés dans une configuration nouvelle qui les a amenés à réinventer tous ensemble leurs identités. Dans quel autre pays aurait-on pu voir un «Africain» comme Charlie Parker jouer la musique d'un Juif comme Gershwin? A l'heure où tout le monde ferme ses frontières, voilà une formidable publicité pour l'émigration de masse! En fait, je n'ai jamais autant célébré les Américains que dans «Cuckooland»; il y a trois chansons de Karen Mantler, une reprise de Buddy Holly et des époux Bryant, un célèbre couple de songwriters de Nashville...

Il y a aussi «Old Europe», qui est à la fois un hommage à Saint-Germain-des-Prés et une réponse cinglante aux déclarations de Donald Rumsfeld sur la «vieille Europe».
Robert Wyatt: Ce qui est bien avec cette chanson qu'a écrite Alfie, c'est qu'on peut dire «Fuck You!» à Donald Rumsfeld avec le titre, tout en célébrant par le texte et la musique ce grand moment de tendresse et de beauté que fut l'histoire d'amour entre un Américain exilé, Miles Davis, et une jeune Française, Juliette Gréco. Pour moi, c'est le plus beau moment dans l'histoire de la culture au XXe siècle. Il était bon de rappeler que, sans le soutien de la France, certains jazzmen américains n'auraient sans doute pas eu un tel destin.

Alfie: J'étais adolescente dans les années 50 et j'ai vécu quelque temps à Paris. J'allais écouter du jazz au «Chat qui pêche», rue de la Huchette. C'était très émouvant de voir des musiciens noirs aussi respectés. Le contraste avec la situation des Noirs en Angleterre à la même époque était saisissant. Il y avait un climat de confiance et d'ébullition incroyable. Robert et moi avions envie d'évoquer cela, car nous nous sommes sentis insultés.


Alain Bashung L'irréel

Robert Wyatt: Je ne saisis pas toutes les paroles, mais je sens que cet homme résout de façon très personnelle le problème de la relation entre, musique et poésie - une question qu'Alfie et moi nous nous posons depuis des années.

Il s'appelle Alain Bashung et, comme beaucoup d'autres musiciens français (Comelade, Truffaz, Bed, Man), il vous considère comme un modèle.
Robert Wyatt: Mon Dieu, mais c'est ridicule! Un jour, un journaliste m'a demandé si j'avais un message à adresser à la jeunesse. J'ai répondu: «Ne faites pas comme moi, J'ai vécu comme un Idiot pendant quinze ans.» Dans ces conditions, vous comprendrez que je suis un peu inquiet pour tous ces gens que vous me citez !

Avec un parcours comme le vôtre, il est normal que vous laissiez une empreinte.
Robert Wyatt: Regardez Lester Young: pendant longtemps, il n'a pas eu de véritable place dans l'histoire du jazz parce qu'il est apparu dans cette période de transition entre l'ère du swing et le be-bop. Mais beaucoup de musiciens se sont ensuite inspirés de son travail, les plus intéressants étant bien sûr ceux qui ont créé des musiques dont Young lui-même n'aurait jamais eu idée. Dans mon cas, il est très gratifiant de voir que quelqu'un comme Pascal Comelade a sa propre expression. Il a été l'un des premiers à me soutenir - en particulier dans les années 80, qui n'ont pas été tendres. C'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai enregistré cette reprise de «September Song» avec lui: pour le remercier d'être là depuis des années.


Dionne Warwick Alfie

Robert Wyatt: Warwick chantant du Bacharach... C'est tellement bon. Avec Billie Holiday, elle représente à mes yeux la chanteuse populaire idéale. Cette mélodie est aussi liée à un souvenir qui m'est cher. C'était à un concert de Roland Kirk, peu de temps avant sa mort. Alfie, que je ne connaissais pas encore, était dans la salle. Comme c'était son anniversaire, l'une de ses amies est allée en coulisses et a demandé à Kirk s'il pouvait jouer «Alfie». Il s'est exécuté, en bataillant ferme parce qu'il n'avait pas l'habitude de jouer ce morceau seul, et il a terminé le morceau par une brève citation de l'«Alfie» de Sonny Rollins. C'est l'un des plus beaux moments que j'ai jamais vécus, et il a pris une valeur sentimentale supplémentaire par la suite.





Votre femme Alfie signe encore cinq textes de «Cuckooland». Comment votre association artistique a-t-elle évolué au fil du temps?
Robert Wyatt: je ne comprends pas pourquoi, dans beaucoup de cultures, les femmes d'artistes sont toujours considérées comme le côté obscur de la lune... Alfie est présente dans ma musique depuis le deuxième album de Matching Mole, en 1972. Elle n'a pas seulement apporté des textes. Elle m'a notamment convaincu qu'il était bon de faire une musique qui ne soit pas surchargée et compliquée, qui ait de l'espace et du cœur.

Alfie: J'ai toujours été une personne créative, je sortais d'une école d'art lorsque Robert et moi nous sommes rencontrés. Ma vie a changé quand il a eu son accident en 1973. J'étais frustrée d'abandonner mon propre cheminement créatif, alors j'ai essayé de m'immiscer un peu dans sa musique...

Robert Wyatt: J'ai longtemps été traumatisé par ce que j'avais vécu dans les années 60. Alfie m'a énormément aidé. Elle est le groupe dont j'ai toujours rêvé et que je n'ai jamais eu.


Robert Wyatt, «Cuckooland» (Rykodisc/Naïve/Musikvertrieb)


Rencontre Richard Robert
Photos Benoît Peverelli